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Message  Kaptendonc le Sam 18 Mar - 16:34

CONQUEST
“Wicked Ways”

Gutter records 1994
Style: Heavy-Metal

[M-E 002] Conquest > Wicked ways Poquest8kc

Il faudra quand même un jour qu’on fasse un topic spécial “bacs de Soldes”, avec un palmarès des meilleures trouvailles, ou des pires plutôt. Car même si c’est avec des gants, des pinces ou un grapin de grue qu’il faut aller fouiller dans la poussière gluante de ces accumulations insensée de tristes CD dilapidés au rabais - autoproductions minables, enregistrements de cuisine, démos ratées, raclures d’éjaculations précoces, groupes aux noms à coucher dehors, pochettes élaborées à la main - on a toujours l’espoir secret d’y dénicher une sorte de trésor, une rareté inestimable, un truc démentiel qui d’une manière ou d’une autre changera notre vie. Ce n’est malheureusement jamais le cas, mais quand même, la curiosité qui motive ces explorations ressemble à celle du pêcheur qui remonte au bout de sa ligne autant de vieux godillots que de boîtes de conserves rouillées, et qui, à force, finit par ne même plus croire à l’existence d’une espèce vivante appelée poissons. Alors prétendre qu’ici j’ai mis la main sur une perle serait abuser de votre crédulité, pourtant cet album de CONQUEST a quelque chose de béatement pathétique, tant il suinte l’amateurisme absolu et paraît dès le départ conçu pour l’échec. Le nom du groupe est déjà assez risible: à la conquète de quoi croyaient-ils donc pouvoir aller ? Certes, il y a un début à tout, sauf que là c’est bel et bien leur unique album, et ça fait longtemps que plus personne n’attend le suivant.

L’artwork, entièrement réalisé aux crayons de couleurs par une certaine Mickie Hodges, semble avoir été choisi pour dérouter l’auditeur, car dans les chansons de Conquest il n’est nullement question de porte-jartelles démesurés ni de bas noirs ignifuges que les flammes de l’enfer ne parviennent pas à trouer. Des explications sur les ailes de la diablesse ne sont pas au programme non plus, ce qui pourraît facilement nous donner l’impression d’avoir été floués sur la marchandise. Mais qu’importe, écoutons l’album et n’émettons pas de jugement hatif: ça commence par un bruitage évoquant des crissements de pneus, qui introduit un riff imprécis et instantanément broyé sous une rythmique de bétonneuse, puis émerge un chant chahuté par des choeurs virils, et c’est déjà suffisant pour laisser croire qu’on est en présence d’un groupe de heavy germanique, genre Powergod ou Paragon, mais l’adresse postale du groupe, inscrite en fin de livret, nous informe qu’il est originaire de St Louis (Missouri), un endroit pas particulièrement propice au metal, et l’on sent bien, rien qu’à l’acharnement avec lequel le chanteur tente de placer sa voix, qu’il n’est pas dans son assiette. Les musiciens ont apparemment beaucoup écouté ce que faisaient certains groupes de leur continent, Armored Saint et Dokken, et peut-être aussi pourquoi pas Manowar, ils ont donc voulu faire un truc un peu semblable, ce qui partait sans doute d’une bonne intention, mais de là à cimenter d’emblée treize morceaux quasiment identiques les uns à la suite des autres, sans aucune espèce d’imagination et avec une balourdise d’ornithopodes, il y a de quoi se réjouir de ne jamais avoir dû assister à l’un de leurs concerts et d’avoir ainsi échappé à une mort certaine par overdose d’ennui.

La seule diversité notable est amenée par la présence inouïe de deux power-ballads, “Rainbow Calling” et “When Destiny Calls”, qui se ressemblent beaucoup, l’une n’étant visiblement que le brouillon de l’autre, où les musiciens s’appliquent à créer une sorte de petite ambiance faussement accoustique et à y installer une progression émotive avec accélération après le deuxième couplet, sans doute une manière de clin d’oeil au célèbre “Free Bird” de Lynyrd Skynyrd, mais sur 4 minutes et demie ça fait un peu serré, on en restera largement sur notre faim. Le dernier morceau se démarque aussi un peu, par son intro très rock’n’roll, ses breaks ambitieux et ses changements de rythme intempestifs, mais tout cela reste quand même expérimental au plus haut point, d’autant plus que c’est, comme je l’annonçais précédemment, le dernier morceau, et qu’en outre il s’intitule “Goodbye To You”, ce qui montre bien que les gars en ont un peu marre et sont pressés de prendre congé de nous avec ce refrain poli: “Goooooood-Bye Toooo You !” et d’y faire succéder un bruit de crash apocalyptique volé à dieu sait quel film. Deux lead-guitaristes, Adrian Vesper et Derrick Brumley, se partagent les soli tout au long de l’album, la production est cependant suffisamment désastreuse pour parvenir à les réduire à néant sans trop de difficultés. Une chose est sûre, si Conquest voulait postuler pour figurer dans la liste des “Forgotten Heroes” de Mr.Jol, ils auraient sûrement beaucoup de mal à justifier leur prétention à un tel statut. Il ne leur reste en définitive qu’à continuer de laisser leur album se morfondre dans la vase profonde et saumâtre des bacs de soldes les plus glauques, en attendant qu’un metalleux un peu plus naïf que les autres ne sache pas comment dépenser trois euros correctement.

[M-E 002] Conquest > Wicked ways Looconq0pr
Ah le LOOK en tout cas ils l'avaient...
Kaptendonc
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