[M-E 002] ANATHEMA chroniqué par un fan

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Message  jol le Dim 2 Juil - 18:14

D'une façon simplifiée, Anathema, c'est ce fameux groupe qui serait parti d'un doom death de lover très moyen, pour arriver finalement à un rock soft tout en émotion, terriblement mélancolique et aussi franchement très cucuche parfois. Le changement le plus brutal dans la carrière du groupe se serait donc passé, toujours d'un point de vue simplifié, entre les albums The silent enigma et Eternity.

La différence réputée énorme entre ces deux albums mériterait pourtant d'être relativisée au vu des deux autres bouleversements suivants:

- Le départ de Darren White, le premier vocaliste, avant l'enregistrement de l'album "Rise Pantheon dreams" (c'est le nom qu'aurait initialement dû porter The silent enigma). Cela a pour effet de diminuer sérieusement l'imaginaire "vallées, montagnes, Dieu", de la musique et des paroles.

- Le passage à l'âge adulte, avec l'album Judgement, dans lequel le groupe laisse enfin exploser ses sentiments au lieu de les exprimer comme auparavant façon gogoth mal dans sa peau.


Quant au doom death réputé "très moyen" des débuts, qu'en penser? J'en pense plein de trucs en fait. Alors soit j'ai une imagination débordante, soit ce doom death est nettement plus intéressant qu'on le prétend parfois.


Mais entrons tout de suite dans le vif du sujet, avec mes énièmes chroniques des disques d'Anathema.

Voici le plan:

- They die/Crestfallen 7";
- The Crestfallen EP (1992);
- Serenades (1993);
- We are the bible 7" (1994);
- Pentecost 3 (1995);
- The silent enigma (1995);
- Eternity (1996);
- Alternative 4 (1998);
- Judgement (1999);
- A fine day to exit (2001);
- A natural disaster (2003).

Le DVD "A vision of a dying embrace" (1996) est chroniqué ici: http://antredumetal.forumactif.com/viewtopic.forum?t=595

Le DVD "Were you there?" (2004) sera chroniqué plus tard.


Dernière édition par le Sam 18 Nov - 23:06, édité 2 fois
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Message  jol le Dim 2 Juil - 19:13

Anathema > They die / Crestfallen

Musique: 3/6
Cultitude: 5/6


Eh oui! 5/6 de cultitude! C'est quand même très instructif de savoir qu'Anathema a un jour sonné comme cela. Les deux mêmes chansons issues de The Crestfallen EP (1992) ne dégagent pas tout à fait le même feeling que les versions présentes sur ce bout de vinyle de sept pouces. Anathema, par la suite, n'a plus jamais sonné si poussièreux, si "dark metal" (dans une acceptation aussi personnelle que celle de Bethlehem à ses débuts), si... possédé! C'est dit! Si pour vous, Anathema, c'est une bande de déprimés dont l'adolescence s'est prolongée à l'âge adulte (The silent enigma, Eternity, Alternative 4), ou un groupe de pop triste et mièvre (certains titres à partir de, disons, Alternative 4), alors sans doute n'êtes vous pas prêt à imaginer une musique mi-ange mi-démon qui, contrairement à celle qu'on retrouve sur Pentecost 3, en parfait équilibre sur la limite, semble pencher dangeureusement du mauvais côté.

La vitesse d'exécution tout d'abord. C'est du doom rapide. Pas du doom normal. Pas du death lent. Pas du doom avec des accélérations. Non. Du doom joué plus vite qu'il faudrait (non je n'ai pas fait l'erreur de le jouer en 45 tours!), et de sorte qu'on sente, à l'écoute, qu'il est joué plus vite qu'il faudrait. Cela met immédiatement mal à l'aise, surtout sur le riff des couplets de "They die" dont le son me fait penser à un gros bloc compact et lisse de... poussière. La voix de Darren White est méconnaissable: un grognement crié et criard, complètement euh... détruit, explosé (je ne trouve pas d'autre terme) par je ne sais quel effet. Le son des instruments est peu massif, gris, pas super clair, et d'une rondeur inquiétante dissimulant sans doute des ténèbres dans d'invisibles crevasses.

Pourtant, les deux chansons sont tout à fait reconnaissables, bien que moyennement écoutables et assez peu intéressantes (dans ces versions là). "They die" comporte curieusement une outro annonciatrice des passages les plus clairs de Pentecost 3, et "Crestfallen" est amputée du passage au piano de sa mythique intro. Mais si, vous savez, cette intro "guitares en fonte" avec des gros morceaux de vent d'automne et de feuilles mortes dedans, si naïve mais si bien foutue en même temps...


Dernière édition par le Dim 2 Juil - 20:26, édité 1 fois
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Message  jol le Dim 2 Juil - 19:13

Anathema > The crestfallen EP (1992)

Musique: 6/6
Cultitude: 4/6 (car merveille incomprise)


The Crestfallen EP est un disque foutrement réussi qu'on a, malheureusement, un peu trop tendance à enfermer, au même titre que l'album Serenades, dans le rôle du premier disque pas fameux d'un groupe appelé à le devenir. C'est que la paire Crestfallen/Serenades n'est pas tellement appréciée à sa juste valeur par la bande de touristes du metal qu'est devenu le public d'Anathema depuis Alternative 4. Imaginez un public de sensibilité suffisamment grossière pour ne pas savoir reconnaître une belle chanson gravée dans la linéarité des guitares en fonte et des grognements. Comme si cet Anathema-là était radicalement différent de celui qui a accouché de leur album fétiche (qui est souvent Alternative 4... s'il était vraiment utile de le préciser). Comme si c'était un autre groupe, autrement plus amateur et plus brouillon. La musique n'est pourtant pas maladroite, même si elle donne souvent une impression de maladresse, voire de laideur, comme issue du cerveau d'un individu significativement difforme. Une musique plutôt épaisse qui nécessite paradoxalement une certaine finesse pour être pleinement sentie. Et à cette condition... on tient un disque unique, des compositions géniales, et, par-rapport au They die 7", enfin pleinement audibles: Darren White vocalise de façon plus intelligible, le son est lourd comme il faut et clair juste ce qu'il faut, et surtout la vitesse est enfin normale (c'est à dire peu élevée). Visite guidée...

"...And I lust" démarre sur une intro aussi mémorable que l'arrivée d'un brontosaure dans le village des schtroumpfs. Cela reste primaire et torturé tout le titre, les guitares en fonte, peu aimables, nous informent qu'on doit être à proximité d'un village aux moeurs reculées dans lequel s'est déroulé quelque drame, et les grognements semblent nous annoncer que, si on est venu jusque là, c'est pour souffrir. Mais aussi pour apprendre de cette souffrance, la fin de la chanson sonnant comme un aboutissement ou comme une préparation à la suite de ce qui nous attend.

"The sweet suffering" est un titre carrément épique. On se croirait dans un voyage en terrain inconnu, montagneux, avec beaucoup de soleil mais un air froid. La mélodie de guitare en fonte qui fait office de leitmotiv est une des plus belles idées de toute la carrière d'Anathema selon moi. Les parties de chant, à la fois planantes et rugueuses, aussi proches de rugissements que de cris de douleur, incarnent les difficultés du voyage.

"Everwake" est un des plus beaux titres d'Anathema. Une voix féminine trop "enchantée" pour être vraie, sans sonner cucuche. Un accompagnement à la guitare, discret en apparence mais très chargé émotionnellement, et beau comme des brindilles d'or ou comme un feu crépitant doucement dans une cheminée.

"Crestfallen" est le plat de résistance, et aussi le dernier titre de la version vinyle de The Crestfallen EP (quoi? Vous ne l'avez pas en vinyle? quelle est cette hérésie? Allez me le dénicher tout de suite! Ne serait-ce que pour la pochette... Non mais!). Une longue intro d'écorché vif au plus profond du désespoir, malgré tout jolie comme ce que les esprits fleur bleue ont envie de retenir de l'automne, puis retour à quelque chose de plus grossier (ça nous manquait un peu en fait, depuis "The sweet suffering", voire depuis "...And I lust"). Là ce serait plutôt l'individu difforme évoqué dans mon introduction qui s'exprime, qui raconte sa douleur, dans des couplets préhistoriques soutenus par un riff colossal renforçant chaque phrase. Les "refrains" sont... un riff, primaire, maladroit, bancal, ne menant nulle part et en fait tout simplement on ne peut plus adéquat. Vers la fin du morceau, on croit qu'on va s'envoler grâce à deux passages successifs, l'un plus entrainant et presque joyeux, et l'autre, instrumental, qui rappelle l'intro. Et puis en fait, non, on ne décolle pas. L'enthousiasme retombe et c'est fini.

"They die" termine la version CD. Comme le titre l'indique, il s'agit d'une chanson définitive, ultime, un morceau quasi squelettique ultra prenant où le deuil prend toute la place. Une chanson assez universelle qui pourrait servir de bande son pour un film où des gens meurent lentement. Un hopital? Une zone sinistrée avec des survivants en piteux état? Ce qui m'a le plus marqué dans "They die", c'est le court solo complètement hallucinant qu'on entend autour des deux minutes: c'est le dernier rendez-vous, celui où l'on passe de vie à trépas. Il faudrait ranger ce solo dans les meilleurs idées de la carrière d'Anathema, en tout cas dans les moments forts de The Crestfallen EP, à côté de "Everwake" et du leitmotiv de "The sweet suffering".

Il me faut pour finir dire un mot sur l'illustration de la pochette du disque, avec son décor flou et désolé, sa teinte sobre et nostalgique, et la très sympathique jeune femme en noir qui ferait sans doute moins peur si elle avait soixante-dix ans. Allez, avouez que vous avez toujours eu mal pour elle. Elle respire tellement la joie de vivre qu'on dirait que le cadavre encore chaud de sa mère est planqué derrière le photographe.
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Message  jol le Dim 2 Juil - 19:14

Anathema > Serenades (1993)

Musique: 4.5/6
Cultitude: 4/6 (car album incompris)



Quelle pochette bizarre. L'image est assez jolie quoique "cheap" dans sa réalisation. On dirait une créature étrange issue de je ne sais quelle mythologie, ou alors une personne portant un costume lié à je ne sais quelle mythologie... même si en réalité c'est sans doute une bonne femme enroulée dans du papier cul et coiffée d'un masque grotesque et tellement lourd qu'elle est obligée de le tenir avec les deux mains.

La couleur dominante jaune orangée est pas mal vue. Je crois qu'il en existe aussi une version magenta (pouah!). D'ailleurs il existe au moins quatre versions disponibles de l'album Serenades:

1- Une version 10 titres (c'est la plus simple);
2- Une version 10 titres couplée à un deuxième CD contenant The Crestfallen EP;
3- Une version 9 + 1 + 4 titres, le tout sur un seul CD de 75 minutes (!);
4- Une version 12 titres contenant en bonus les deux titres du EP 7" de 1994, We are the bible.


Je ne me souviens plus si la version avec la couverture magenta ne présente pas un cinquième track-listing.

La version 3 contient tous les titres de Serenades sauf la longue outro chiante toute en nappes (d'où 9 titres au lieu de 10), plus le titre "All faith is lost" issu de la deuxième démo (du même nom) du groupe, plus les 4 titres qu'on retrouve sur la version vinyle de The Crestfallen EP.

S'il vous manque les disques antérieurs à The silent enigma, je vous conseille d'acheter:

1- la version 4 de Serenades;
2- le CD regroupant The Crestfallen EP et Pentecost 3.

Ainsi vous aurez tous les titres (sauf "All faith is lost" mais bon...), et ce sans redondance à la con.


Bref.


Un bien bel album que ce Serenades. Le style est proche de celui de The Crestfallen EP, mais nettement plus mélodieux, plus arrondi, plus tendre en fait. L'album serait un hommage à une personne proche du groupe décédée, et en particulier le titre "Under a veil (of black lace)". Alors qu'on retrouve sur "They (will always) die", le climat monstrueux de deuil opaque et lourd de "They die", "Under a veil..." semble plus nuancé, plus réaliste. On imagine une famille en train de se serrer les coudes suite à la mort d'une personne proche, de se remémorer et de célébrer cette personne, le genre de tableau qu'on n'aurait pas pu extraire de The Crestfallen EP.


Musicalement la cuisine est très réussie, très fine, quasiment somptueuse. Certains n'y entendront que du doom death basique sans intérêt évident. Ils ne savent pas ce qu'ils ratent! Ils ratent avant tout une première moitié absolument sans faute, cette moitié s'arrêtant juste avant le début de "Sleepless" où à la fin de celui-ci selon les sensibilités. La suite du disque est moins percutante. On y entend deux morceaux très courts ("Scars of the old stream", "Where shadows dance"), aux ambiances géniales (cet espèce d'évanouissement dans la nature à la fin du second, à la fin du disque, miam!!!) et aussi deux titres longs et légèrement poussifs ("Under a veil..." et la "berceuse" "Sleep in sanity" aussi majestueuse que décontractée).

Mais revenons à la première moitié sans faute...

"Lovelorn rhapsody" est une sorte de sommet du doom death de lover. On ne comprend pas trop au début où la chanson veut en venir, puis, au fur et à mesure qu'elle nous délivre son parfum, on devine que la rose qui en est à l'origine meurt lentement mais sûrement. "Lovelorn rhasody" nous entraine dans des montagnes russes émotionnelles. C'est si fort que même le "chant" de Darren White arrive à décoller (les "refrains", excellents!) Dans le dernier tiers, le morceau s'arrête comme sous l'effet d'un ras-le-bol, puis s'accélère et montre les dents, se débat, s'étouffe. Etonnant comme changement de ton.

"Sweet tears" est un monstre lourdingue qui cogne quasi mécaniquement, habillé de quelques mélodies sentant fort le malaise urbain.... Et... avec cela on nous sert... un chant rappé? Des vomissures grind? Non! Des grognements incantatoires du plus bel effet! Un drôle de mélange, un titre atypique pour Anathema, un titre atypique tout court, et une petite perle!

"J'ai fait une promesse" c'est comme "Everwake" sur The Crestfallen EP, en moins magique et en plus mignon.

"They (will always) die" est une resucée de l'ancien "They die" légèrement raccourcie, où la fin minimaliste et dure est remplacée par une fin orchestrale dont la noirceur scintillante (?) devrait marquer n'importe qui d'un peu sensible. La chanson a toujours la force qu'on lui connait.

"Sleepless" est, selon le camp auquel on appartient, soit une petite perle pop perdue au milieu des grosses guitares des autres titres, soit un titre qui fait tache sur cet album, et qu'on aurait mieux vu figurer sur l'album Eternity. Même si j'aime bien "Sleepless", je fais partie du second camp. La clarté de ce titre le placerait plutôt plus loin dans la carrière d'Anathema, mais pas dans cette version-là. La version de "Sleepless" enregistrée en 1996 (Eternity...) avec Vinnie et la chanteuse de Dominion au chant sonne en effet définitivement mieux, vu qu'ici Darren White s'en tire mal sur les refrains.
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Message  jol le Dim 2 Juil - 19:15

Anathema > We are the bible (1994)

Musique: 2/6
Cultitude: ?


Encore un vinyle 7" qui se joue en 33 tours, cette fois violet et transparent (?).
D'après les notes au dos:

- We are the bible a été enregistré pendant les mêmes sessions que le MLP Pentecost 3;

- La chanson "Eternal rise of the sun" est "based on the original theme written on the eve of the gulf war by D. Patterson, 1991."



C'est une pièce très bizarre dans la carrière d'Anathema, qu'on retiendra (si on veut absolument la retenir) parce qu'elle annonce le virage atmosphérique original, et parfois inquiétant, pris sur Pentecost 3, parce qu'elle en est quand même significativement différente -- et donc unique --, parce que autres "cultitudes" genre la couleur du disque... mais pas trop pour la musique, poussive et chiante, même si l'effet est énorme sur la face "A".

"Nailed to the cross" est un morceau complètement venteux. Ce n'est plus de la musique, c'est de l'ambiance, du son. Du son parfaitement calculé pour faire monter la pression, avec un ou deux points vraiment forts (à un moment je m'imagine en train de lever les yeux vers le soleil et persister de nombreuses secondes malgré un aveuglement difficile à supporter), avec des voix claires, rampantes, prophétiques... on retrouve le côté mi-ange mi-démon du tout premier 7", mais la crasse en moins et la puissance en plus, le démon dissimulé en moins et l'évidence (aveuglante?) en plus... mais l'évidence de quoi? Sûrement d'une lutte entre les deux partis...

et là, blam,"666". Un court instrum... ah non y'a des vocaux! Ouais mais bon... Des voix qui beuglent "6! 6! 6!" en rythme, hein, on va faire comme si c'était un instrument supplémentaire. Un titre déconnade, avec un riff tranchant et ridicule, qui aurait pu être emprunté à un groupe de speed ou de black, ici caricaturé sans méchanceté. Un gros foutage de gueule excellent au vue de la pêche qui s'en dégage, le seul moment réveillé de "We are the bible" en fait.

Fin de la face "A".

et là, re-blam, "Eternal rise of the sun", avec une mélodie orientale molle, répétée et répétée, et encore répétée, et des vocaux endormis et endormis, et encore endormis; mais purée qu'est-ce que c'est chiant! Basé sur l'ambiance comme "Nailed to the cross", la force en moins.

On préfèrera passer à Pentecost 3, qui, en plus de reburner le propos, se permet d'être inspiré...
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Message  jol le Dim 2 Juil - 19:15

Anathema > Pentecost 3 (1995)

Musique: 5/6
Cultitude: 2/6

C'en est bientôt fini de la cultitude. Grâce à Pentecost 3, Anathema devient fréquentable par l'ensemble du public metal, drogués au metal moderne et drogués au metal émotionnel -- du black sympho au metal cucul -- inclus. Les compositions ne sont ni moins bien ni mieux écrites qu'auparavant, mais le style est un peu moins basique (mais bordel qu'est-ce que ça peut bien foutre pourtant?) et, surtout, les atmosphères s'avèrent mo-nu-men-tales. Même un gamin qui vient d'acheter son premier mag de metal peut trouver que Pentecost 3 est un disque "intéressant".

Prenons "Kingdom" par exemple, le premier titre. Du We are the bible en mieux (chiant mais moins), en plus mélancolique, moins "evil", avec une montée en intensité vers la fin, et un final où le chanteur se décide enfin à grogner à nouveau, même si ces grognements sonnent plutôt comme le constat d'échec du général qui vient de perdre une bataille que comme une démonstration de virilité. Certes la démonstration de virilité n'a jamais été l'argument de vente d'Anathema, mais Darren White dans le rôle de l'ours pas content c'était quand même quelque chose.

Oh ben tiens! Revoilà le nounours! On lui a piqué son quatre heure alors il est en colère! C'est "Mine is yours...", un titre qui alterne des ambiances métalliques colossales, vocaux majestueux taillés sur mesure inclus, avec des passages venteux et venimeux aux voix claires qui inquiètent et filent la nausée. Final mélodieux timide à en perdre son latin. Après un "Kingdom" relativement casse-couille, on entre enfin dans ce disque de barge, dans des compos belles mais puissantes et parfois inquiétantes, souvent inquiétantes (cf. toute la fin du disque...).

"We, the gods", un titre souvent cité en référence. Alors là moi je suis un énorme fan de tout le début. C'est le Anathema aux guitares les plus mélodieuses de la période encore métallique, mais jouées plus lentement que dans les disques suivants. J'adore l'enchaînement des mélodies, l'effet de la lenteur qui n'a jamais été mieux exploitée par ce groupe (on se prend vraiment pour un dieu quand on s'immerge dans ce début, et l'immersion est aisée...). Même enthousiasme quand cette partie s'arrête, quand la chanson commence à s'emballer (on se prend toujours pour un dieu). Hélas la fin se traine un peu et n'a pas toujours la même intensité... donc pour moi le titre référence de Pentecost 3, ce serait plutôt "Memento mori"... non, ce serait plutôt tout le disque à partir de...

L'instrumental "Pentecost 3". Alors là c'est du délire. Deux moitiés. La première atmosphérique et onirique au possible, avec de très belles mélodies statiques et quasiment hallucinées, car sans doute à la frontière d'un sommeil aux rêves riches en images à la fois spirituelles et pastorales Et puis boum! Fin du rêve. Place à la tragédie et à la désolation. C'est que le génial "Memento mori" va prendre la place et qu'il vaux mieux préparer le terrain.

Aaaaaaah! "Memento mori"! Je reconnais à ce titre, dont la première version date de la démo An iliad of woes, les mêmes preuves d'un savoir faire unique qu'aux meilleurs moments de The Crestfallen EP. A ceci près que "Memento mori" et une chanson de malade. Une longue intro en forme de descente aux enfers, dont on ne sait pas trop où tombent les guitares. Assez chaotique. Ouf! Des couplets et des refrains! Ca va alors... ah non en fait c'est assez bizarre, assez hanté et... oh putain ces quoi ces refrains? Et ce truc après le second refrain? Putain c'est quoi ce truc? (là y'a vingt-cinq secondes qui m'ont toujours fasciné mais dont tout le monde semble se branler). et et et... et ensuite c'est un long final qui relève la tête pour prendre la mesure du carnage, un long final dur déserté par la mélodie, sauf, en fond, par la mélodie des fins tragiques ; un vrai cauchemard.



Silence de mort.



Réveil des morts. (enfin bruitages quoi)



L'aventure s'achève sur "666", qui a plus sa place ici que sur le poussif We are the bible.
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Message  jol le Dim 2 Juil - 19:16

Anathema > The silent enigma (1995)

Musique: 5/6
Cultitude: 1/6



L'ours Darren White quitte le groupe, ce qui a pour conséquence un premier bouleversement dans la production discographique d'Anathema. L'inspiration est encore assez "Lord, in your mercy, hear my prayer", mais moins qu'avant. La différence est énorme et ne se sent pas que dans les paroles. La musique est plus intimiste, plus "ego-centrée", plus mièvre. En revanche concernant l'aspect mo-nu-men-tal, hors de question de revenir en arrière. Anathema n'a jamais été aussi grandilo... euh théâtra... euh... parasymphonique! (ouais c'est ça... inventons des termes qui ne veulent rien dire et misons sur la bonne volonté du lecteur).

Parasymphonique.

Va falloir vous débrouiller avec ça.

Mais pas un parasymphonisme vivant, bouillonnant, invincible, à faire douter les athées, comme celui dont Paramaecium avait proposé un premier jet en 1993.

Pas un parasymphonisme pompeux à la "INSEREZ ICI LE NOM D'UN GROUPE QUI VOUS ENERVE" supposé masquer le mauvais goût des musiciens.

Ici c'est plutôt un parasymphonisme de perle noire (avec de sombres et délicats reflets de presques toutes les couleurs froides si on écoute bien; là encore débouillez vous avec ça). Un parasymphonisme de gros dépressif qui veut absolument que tout le monde le plaigne. Là si vous ne connaissez pas le disque vous devez rire doucement. Mais sachez tout de même que le propos est ici craché, dégueulé parfois, avec une conviction qui sépare d'entrée l'authentique perle noire de ses ersatz atmo-gotho-blackisants. La métaphore n'est pas valable que pour le chant. Il est vrai que Vinnie l'ourson, qui a remplacé son papa ours au micro, nous pond une performance unique. Une voix même pas death mais pourtant extrêment percutante, à la fois bourreau (bourrelle?) et victime, dégoûtée de tout, hurlant sous les coups, et ici secondée par un arrière fond de moisi proliférant dans la beauté sonore au point d'en changer le goût. Le goût est pourtant globalement fin, délicat. Les gros riffs à péter du tympan existent encore, mais on les trouve souvent entre deux tranches de guitares à la crème (toute proportion gardée, Anathema n'étant pas Pink floyd et encore moins Camel), ou recouverts d'arrangements "orchestraux" même pas niais et parfois énormes (toute la fin de "Shroud of frost" par exemple).

Malgré la subsistance encore généreuse d'ingrédients extrêmes dans la musique, il est clair qu'Anathema amorce une évolution vers un style nettement plus mélodieux, style qui ne fera que s'alléger à partir de l'album suivant, Eternity, un disque finalement proche de celui-ci mais pas en surface car considérablement allégé à tous les niveaux. Le côté disque charnière de The silent enigma ainsi que ce parasymphonisme rare dans la carrière d'Anathema donnent à cet album une force qui aurait été impensable du temps de Serenades et une place particulière dans le coeur des fans, très inventifs dès qu'il s'agit de superlativer la chose. The silent enigma, album ultime du doom de lover? Ca se pourrait bien. Dommage que les trois titres du milieux comportent quelques passages chiants, mais ça, on n'y peut rien, "Kingdom" sur Pentecost 3 avait annoncé la couleur: dorénavant, Anathema appartient à la grande famille des groupes de doom à passages chiants. Les six autres titres sont cependant tous magnifiques:

"Restless Oblivion" fait fort dans un genre relativement burné: gros riff d'intro, tension palpable, épais fond de moisi, refrains accablés, nerveux, écoeurés... ah! petit passage atmo chiant au milieu quand même. Z'ont pas pu s'empêcher!

"Shroud of frost" est un petit frère de "Restless Oblivion" dans lequel le parasymphonisme est poussé très loin. Passage atmo pas chiant au milieu. Final époustouflant capable de faire passer le reste du disque pour "Sleepless".

"...alone". Tendez bien l'oreille. On dirait moins un des vieux titres féminins d'Anathema que ce qu'il en resterait après le passage de l'implacable "Memento mori". J'adore cette chanson. Elle est terrifiante de solitude. Une leçon pour tous ces groupes qui pratiquent l'étiquette "metal dépressif" comme argument de vente.

Sautons les trois titres les plus chiants, même s'ils sont très intéressants, surtout "Cerulean twilight".


"The silent enigma" est une chanson courte et intense, gaie comme des chevaux galopant au crépuscule pour aller se jeter dans la mer (et s'y noyer bien sûr, sinon c'est pas drôle).

"A dying wish" démarre doucement mais on sent très tôt que ça va être tendu. Tendu, froid et tragique. Purée quelle débandade dans la seconde moitié du morceau! Et quelle classe dans la débandade! Instrumentalement parlant c'est un peu plus bavard que d'habitude je trouve. Pas mal! Pas mal du tout! Ce titre a ses fans ultimes et on les comprend.

"Black orchid". Mouais. Cet instrumental aurait très bien pu s'appeler "Black sound" vu la première moitié du titre. Après, ils nous refont le coup de la fin de la désolation de la mort qui tue la vie comme dans l'instrumental "Pentecost 3".


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Message  jol le Dim 2 Juil - 19:17

Anathema > Eternity (1996)

Musique: 4/6
Cultitude: 1/6



"Ah la la! Quel gâchis! Non mais quel gâchis!
- kwa? keskïa encore?
- oh rien! C'est encore jol qui pinaille. D'ailleurs, on ne devrait plus dire "pinailler", on devrait dire "joliser"
- ben ouais. jol jolise. Que voulez-vous qu'il fasse d'autre?
- et pourquoi il jolise le monsieur? Il jolise parce qu'il aimerait le retour de l'autre ours au micro?
- ah non là j'ai fait mon deuil! C'est Vinnie qui chante maintenant, il faut s'y faire. D'ailleurs, s'il chante carrément mal sur Eternity, ou en tout cas maladroitement, ça s'arrange dès Alternative 4."


Purée c'est vrai que la voix claire, calme le plus souvent, n'est pas terrible. Voilà ce qui arrive quand on veut se mettre au chant sans y être préparé. Autant la performance vocale unique (et inespérée?) sur The silent enigma apportait beaucoup, autant ici ça enlève pas mal... ah non en fait ça n'enlève rien. Vinnie chante parfois comme un pied mais personne n'en a jamais rien eu à faire, tant il y a d'autres choses à écouter sur Eternity! Premièrement, les compositions se sont largement popisées. Un format plus court, une forme limite radiophonique,... et des guitares encore lourdes mais maintenant inoffensives pour les tympans font le reste. Deuxièmement, Eternity est un album très planant, servi par un traitement studio sophistiqué et mémorable (vous connaissez un autre disque qui sonne ainsi?), l'album auquel Anathema doit son image de Pink floyd du hard.

Tout cela s'annonce pas mal. L'évolution vers un style plus mélodieux amorcée avec The silent enigma se poursuit de manière logique, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, et là! Paf! Crise de jolisme aigü! Quel gâchis! Non mais quel gâchis! Eternity, ou comment enchaîner six titres parfaits, aventureux, colorés comme la canopée des forêts équatoriales et beaux comme l'album précédent, avec six autres qui passent nettement moins vite. Comment transformer ce qui aurait pu être un mini album comptant six titres pour six étoiles en un album de cinquante-huit minutes dont la seconde moitié paraît deux fois plus longue que la première. Tous les titres sont bons, vous pouvez y aller les yeux fermés, mais à partir de "Suicide veil" l'écoute est plus laborieuse, et ça ne pardonne pas tellement. Il y a pourtant de bonnes idées partout, chaque chanson a sa personnalité, seule "Far away" étant relativement indigne du groupe au sens où bien d'autres auraient pu l'écrire. Heureusement que l'instrumental qui clot l'album, "Ascension", d'une beauté remarquable jusqu'à la dernière note de piano céleste, redonne un peu d'énergie à l'ensemble.

La première moitié du disque est, elle, vraiment parfaite. Y'a rien à redire. Les titres instrumentaux "Sentient" et "Eternity part 2" vous enverront directement dans les nuages, avec une magie, une spontanéité, une beauté à couper le souffle. La reprise "Hope" et la "ballade" "Angelica" feraient passer Anathema pour un groupe des plus détendus, mais mélancolique et profond en même temps. "The beloved" et l'impressionnante "Eternity part 1" (vous je ne sais pas mais moi le moment où arrive le second refrain me secoue complètement) feraient passer Anathema pour un ange à l'esprit torturé. Tous ces contrastes sont aussi présents sur la seconde moitié du disque, comme ils l'étaient déjà sur les disques précédents, mais ils éclatent ici dans un style tourbillonant, ennivrant, et finalement osé. Il aurait été difficile d'aller encore plus loin et, d'ailleurs, Eternity devrait être vu comme un véritable aboutissement de tout le travail accompli jusque-là, un aboutissement qui aurait hélas mérité un peu plus de chansons exceptionnelles. Après un tel disque, Anathema se devait soit d'aller encore plus loin, ce que Alternative 4 n'a réussi qu'à moitié, soit de se trouver de nouvelles ambitions, de préférence avant l'heure du Judgement premier.


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Message  jol le Dim 2 Juil - 19:19

Anathema > Alternative 4 (1998)

Musique: 4/6
Cultitude: Anapu. (0/6)



Argh! Enfer et damnaschtroumpf! Vous le connaissez tous ce titre: "Fragile dreams". Vous le connaissez tous! Il était présent sur tous les CDs samplers des magazines. Ah ben alors là moi je dis bravo! Oh oui bravo. Des centaines, que dis-je!, des milliers de petits rigolos éduqués au "progressif" commercial des années 90s ont alors pu découvrir ce groupe jusque-là profond qu'était Anathema et le trouver génial. "Attention chef d'oeuvre!", comme disait l'autre, en parlant de l'effet "Fragile dreams" perdu au milieu d'une compile "rockmetalprog-pour-les-nuls" banale. Comble de l'exaspération, l'album Alternative 4, décévant par-rapport à ses prédécesseurs, devient LE disque majeur d'Anathema pour tout un tas de fans. Ou de futurs fans. En majorité des futurs fans en fait j'imagine... sinon c'est grave. Enfin les gens sont quand même assez partagés sur la question, beaucoup préfèrant encore The silent enigma (ouf). (sinon moi je suis resté traumatisé par ce bon vieux Crestfallen, mais bon, pour ce que vous en avez à foutre)

Parce que... c'est pas qu'il soit mauvais cet Alternative 4. Oh non. C'est pas un mauvais album. C'est même pas un mauvais album d'Anathema, contrairement à A fine day to exit si vous voulez mon avis. Seulement dans sa faculté à toucher l'auditeur au plus profond, il fait beaucoup moins fort que les disques précédents. Il y a dans cette galette en apparence extrêmement soignée, et même disons-le limite calculée, une odeur de bâclé qui ne trompe pas. Le groupe semble en avoir fait juste assez pour que Alternative 4 puisse être à Eternity ce que Eternity était à The silent enigma. Juste assez, et pas un poil de plus. Ainsi, même si Alternative 4 est, d'après la presse, un album très classieux permettant à Anathema d'accéder à un statut supérieur (commercialement je supppose?), je préfère largement me taper la première moitié d'Eternity ou l'album suivant, Judgement, qui est, lui, l'album qui aurait dû logiquement succéder à Eternity. Question de ressentir la puissance émotionnelle qui est la marque de fabrique du groupe à 100%, et non à 80% comme sur Alternative 4. Question aussi de constater enfin la maturité qu'on était en droit d'attendre après un album comme Eternity, point sur lequel Alternative 4 se vautre car il ne se débarrasse toujours pas, ou pas assez, des traces de dépression adolescente gogothothopoupouffisée de sa musique.

Il faut ajouter à cela qu'après le sixième titre, les compos deviennent plus chiantes. Certes, on pouvait en dire autant d'Eternity, mais dans ce dernier, le 100% émotion garanti faisait quand même passer les chansons les moins inspirées ou les plus pénibles pour des titres honorables. Et puis, des machins comme "Regret" (huit minutes à lui tout seul! pouah!) ou comme "Feel", franchement, n'importe quel groupe aurait pu les écrire, ce qui en soit n'est pas un mal certes, mais vu que l'album est assez court, c'est du gâchis. Et à propos de gâchis... qu'est-ce qu'ils ont voulu faire avec le morceau titre, là, hein? "Alternative 4". La chanson la plus intéressante de l'album n'a malheureusement pas la pêche des premiers titres, alors que cette pêche l'aurait bien servie pourtant. C'est un morceau ultime, ambiance "je suis allé me réfugier dans une caverne martienne parce que que c'est l'apocalypse sur Terre", très spécial, unique, mais... trop chiant! trop lourd! trop long! Quel gâchis!

Et "Lost control"... c'est quoi ce truc encore? Le titre super posé et super triste, avec un final au violon à se tirer une balle, qui passerait très bien dans la seconde moitié du disque mais qui fait tache au milieu de la première où il se trouve! Alors oui, "Fragile dreams" et "Empty" (l'unique chanson énervée de l'album) sont excellentes, bien qu'un peu commerciales. Oui, l'intro "Shroud of false" a bien réussi son pari, à savoir nous surprendre suffisamment pour nous donner envie d'écouter la suite. Oui, "Inner silence" est un intermède mignon, réussi, avec les guitares "cui cui les petits oiseaux" qu'on avait déjà entendues sur, par exemple, "Sentient", même si je n'échangerais pas mon "Sentient" contre dix "Inner silence". Mais au final, il ne reste qu'une seule chanson pour nous retourner complètement, alors que sur les disques précédents on pouvait citer au moins la moitié des titres sans être indulgent.

"Re-connect". Alors celle-là elle me botte. On retrouve en elle la magie et la spontanéité qui font souvent défaut sur le reste du disque. En plus musicalement c'est un sacré délire. Anathema serein (la première moitié du titre). Anathema sensuel (le passage tout lent avant que la chanson ne s'emporte). Anathema qui ressucite les chevaux qui s'étaient noyés dans "The silent enigma", et la chanson qui se termine dans la confusion et le bordel. Bien sûr les paroles ne parlent sans doute que du prix des strings panthère, mais moi ce "Re-connect" m'excite bien (non, pas à cause des strings panthère)... non franchement, vous ne les entendez pas revenir des eaux, vous, les chevaux noyés? Non? rah z'êtes des trendies les mecs! Retournez chiâler sur "Lost control" et draguer la cucuche à grand coup de dîner sur fond d'Alternative 4! z'êtes bons qu'à ça de toute manière!

PS: il existe une version digipack de Alternative 4 avec trois reprises de Pink floyd et une de Bad religion. Je trouve les titres "Your possible pasts" et "Better off dead" vraiment magnifiques, et ironiquement meilleurs que le meilleur d'Alternative 4.


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Message  jol le Dim 2 Juil - 19:20

Anathema > Judgement (1999)

Musique: 5.5/6 (pas 6/6 parce que j'aime pinailler)
Cultitude: 0/6



Judgement a parfois été présenté comme le frère jumeau d'Alternative 4, à tort selon moi, car il apporte la réelle nouveauté qui manquait à ce dernier et évite en revanche ses cotés irritants (longueurs, pseudo-sophistication,...) Je pense, au risque de surprendre, que ces disques sont bien plus éloignés l'un de l'autre que ne l'étaient entre eux The silent enigma et Eternity par exemple. Allez! Pour une fois je vais même sucer les boules de la presse metal nationale qui avait vu venir le truc: les critiques parues dans Hard'n'heavy et dans Hard force à l'époque ne se sont pas laissées aller au trop facile "petit frère d'Alternative 4 en moins bien", slogan pour le moins mal trouvé qu'on a vu fleurir ensuite sur le web, qui plus est parfois sous la plume de chroniqueurs qui avaient pourtant eu le temps de prendre du recul, eux, contrairement aux journalistes.

Il est en effet parfois difficile de croire que Judgement est sorti si vite après Alternative 4. Cet intervalle de temps a suffi à Anathema pour terminer sa crise d'adolescence. Adieu les restes de metal timide bourrés de tics de composition digne de dépressifs ayant un peu de mal à s'exprimer pleinement, du moins autrement qu'en se lâchant complètement par intermittances (cf. le nerveux The silent enigma et les passages les plus semblables de son successeur). On pourrait même dire "adieu les restes de metal" tout court, mais c'est déjà un autre genre de considération. Pour trouver du metal dans Alternative 4, il fallait se lever tôt (peut-être une certaine volonté de laisser un minimum d'épaisseur au son?). Mais là... Anathema assume complètement ses ambitions "tout public", au point de s'imposer avec un album majeur (dans sa carrière, pas forcément dans la scène rock), un album très planant qui dégage paradoxalement une puissance terriblement dévastatrice. Cette puissance vient d'un style beaucoup plus direct et affirmé qu'auparavant, plus équilibré également, et peut-être même plus honnête. Je veux dire: ENCORE plus honnête (vous avez eu peur hein?). Judgement est l'album d'Anathema qui occupe avec le plus de force l'esprit de l'auditeur. "Est" ou plutôt "était", jusqu'à la sortie d'un A natural disaster carrément monstrueux mais également sous-estimé. On ressort de l'écoute de Judgement crevé, mais en même temps soulagé et en quelque sorte lavé de l'intérieur, comme si la confiance en eux acquise par les musiciens était contagieuse, et comme si cette contagion avait vraiment le pouvoir de nous changer (j'exagère mais vous voyez ce que je veux dire).

Dans le genre "moment fort", je me sens obligé d'évoquer celui-ci: l'instant où le titre "Judgement" commence, juste après un "Parisienne moonlight" hypnotique et plein de poésie (deux morceaux exceptionnels de toute façon). Pour peu qu'on ait déjà écouté le disque au moins une fois auparavant, que dis-je!, une seule fois auparavant, et qu'on connaisse donc le tour de force que constitue la chanson "Judgement", l'instant précis de la transition entre les deux titres, c'est... comment dire... employons un doux euphémisme: L'E.N.O.R.M.E F.R.I.S.S.O.N.

Mais évitons de trop détailler les chansons. Parler de toutes serait fastidieux vu qu'il y en a au moins douze voire treize selon les versions. En choisir quelques unes serait arbitraire, y'a absolument rien à jeter, ni même à relativiser (ah si! "Emotional winter" est très belle mais un peu chiante). Judgement n'est pas loin de la perfection. Y'a bien quelques trucs assez cucuches. Dans "Make it right", "One last goodbye" et "Anyone, anywhere" -- par ailleurs très beaux et se terminant tous les trois de manière totalement renversante -- mais vu la qualité de ces chansons... Y'a aussi des trucs complètement planants, où on se perd un peu, comme à la fin de "Wings of god" (bel exemple de la puissance dévastatrice évoquée plus haut, et, là encore, quelle putain de chanson!) On sait que ce genre de délire n'est pas le point fort d'Anathema. Dommage qu'il y en ait autant sur l'album suivant. Mais mis à part ces minuscules réserves émises par un fan qui ne laisse rien passer quand il s'agit de ce groupe, FONCEZ!


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Message  jol le Dim 2 Juil - 19:22

Anathema > A fine day to exit (2001)

Musique: 3/6
Cultitude: 0/6



Alors qu'on sort juste de la très contrastée paire Alternative 4/Judgement, voilà qu'Anathema nous refait le même coup avec les albums de 2001 et de 2003. En 2003, le fabuleux A natural disaster sera à A fine day to exit ce que Judgement était à Alternative 4, à savoir un faux frère jumeaux qui s'avère nettement plus ambitieux et mieux foutu. Mais en attendant, cet A fine day to exit n'est pas vraiment une réussite. N'est vraiment pas une réussite même. Il serait signé par un autre groupe qu'on accuserait cet autre groupe de mal pomper Anathema. Malheureusement ce sont bien les originaux, et non une bande de gamins suiveurs même pas du niveau d'Evercry (Evercry étant selon moi le groupe qui a le mieux copié Anathema), qui ont accouché de cette daub... enfin non ce n'est pas une daube... mais la daube n'est pas très loin.

C'est bien simple: le seul titre de A fine day to exit que je peux écouter en entier, "Panic", ressemble aux moments énervés de Judgement mais la profondeur en moins. Les autres chansons sont plus intéressantes, mais les instants de magie sont rares, on s'emmerde souvent, et certains passages m'irritent au plus haut point. Ah! Je le note tout de suite histoire de ne pas oublier: il y a un titre caché. Je ne sais pas ce que c'est. On dirait une reprise plus ou moins improvisée et déconneuse d'un vieux standard euh... du rock? de la country? A moins que ce soit juste un petit truc pondu pour l'occasion. Anecdotique mais plaisant. Cool. Comme quoi y'a pas que "Panic" qui s'écoute en entier.

Mais dans le reste de l'album il y a toujours quelque chose qui cloche. Les cinq premières pistes seraient sans défaut (ah non! pas "Release"! m'énerve trop!) si elles ne s'étalaient pas si longuement, dans des fins atrocement diluées où il ne reste plus qu'un semblant d'ambiance auquel se raccrocher. Mais ensuite ça se gate encore plus. Dans "Barriers", le groupe a tenté un style assez onirique, avec des refrains qui ressemblent à des petites portes vers le cauchemar planquées dans un rêve. Le rendu est tellement réussi que ces refrains suffisent à eux tous seuls à me foutre de mauvais poil. J'ai du mal à les entendre. Beurk. Et le reste du morceau est chiant. Ensuite y'a "Panic" alors ça va à peu près. Dommage qu'il soit si court et que "A fine day to exit" qui le suit soit si long, si vide et si chiant. Putain mais enregistrer des trucs aussi chiants ça devrait être réservé aux groupes barrés-conceptuels-bruitistes-ma-bite-mes-couilles! Et "Temporary peace" pour finir... devinez un peu... trop chiant! Hé oui! Sauf la fin qui est un des rares moments forts de ce disque.

C'est à n'y rien comprendre. Je ne comprends pas pourquoi Anathema a cru bon de truffer autant sa musique de passages venteux et dilués. Ils sont pas mal foutus certes. Seulement voilà, si c'est ce genre "d'évasion" que je cherche, autant repartir à la pêche aux vinyles poussiéreux dans le grenier de Papa. Dans le genre planant et dilué, il y a eu cent fois meilleur que Anathema chassant sur un terrain qui n'est pas le sien. Je ne comprends pas non plus pourquoi un titre comme "Release" m'énerve autant. Ah si! Bien sûr la fin diluée est très chiante, mais en plus, le reste me donne l'impression d'avoir été composé avec une idée précise derrière la tête: celle que les fans d'Alternative 4 allaient adorer cette chanson! D'ailleurs, si dans ce titre-là ça se voit vraiment trop, je trouve qu'une bonne partie de l'album sonne comme si le groupe avait voulu proposer un deuxième Alternative 4. Malheureusement le niveau d'inspiration n'a même pas été assez élevé pour faire aussi bon que l'original, qui pourtant ne contenait pas que des titres remarquables. Il ne s'agit par ailleurs pas d'une régression, l'album sentant bien la maturité post-Judgement. Bizarre. Bon. Bref. Concluons: A fine day to exit est le pire album d'Anathema, celui qui est presque de trop tant il n'apporte rien. Même les vocaux féminins me tapent sur les nerfs et c'est un comble avec ce groupe.
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Message  jol le Dim 2 Juil - 19:23

Anathema > A natural disaster (2003)

Musique: 6/6
Cultitude: à vous de juger.



Jamais je ne pourrai écrire une chronique objective. Mais là, vu qu'il s'agit de A natural disaster, faites vous à l'idée que mon objectivité est carrément partie bronzer sur Jupiter et qu'elle va y rester un bon bout de temps. Ce disque, je n'ai jamais pu l'écouter sans me mettre à chiâler à un moment ou un autre. Mais pas la petite larmounette de circonstance façon "Tu vois Angélique, Anathema, c'est quand même vachement triste et vachement fort émotionnellement! Bon, je peux te foutre ma bite partout maintenant?". J'ai passé l'âge de draguer Angélique comme j'ai passé l'âge de trouver que The silent enigma ou Eternity sont des disques qui reflètent ce que j'ai au fond de la tête -- il n'est d'ailleurs pas exclu qu'il y ait un lien entre ces deux progrès. Non là ce serait plutôt des pleurs de soulagement, comme quand on s'envoit Judgement dans la tête en se laissant terrasser. Sauf que là on n'a même pas à se laisser terrasser, le disque étant calme de chez calme, pour ne pas dire statique, mais alors vraiment statique, statique au point d'avoir endormi plein de monde je crois... en tout cas vous avez des chances de trouver A natural disaster mou et chiant...

Dès le premier titre il y a pourtant un détail inhabituel qui incite à rester éveiller. "Harmonium" ressemble au tube un peu facile et obligé, comme le furent "Fragile dreams" et "Deep" en leurs temps. Mais il s'en dégage en même temps une espèce de sérénité en forme de clin d'oeil, comme pour annoncer "ce n'est qu'un avant goût! vous allez entendre ce que vous allez entendre! on a enregistré un disque génial et on le sait!".

Et alors là...

"Balance" et "Closer" s'enchaînent par magie. Nous plongeons alors à l'intérieur de nous-mêmes pour y rencontrer l'être fragile et blessé que nous protègeons derrière nos apparences. Fragile. Blessé. Mais vivant aussi. Et aimant. Et créatif. Et toutes ces sortes de choses.

Donc là normalement on est déjà à genoux. Enfin si on n'est pas dans un bon jour, on peut encore résister. Mais là...

"Are you there?" et "Childhood dream". Rhôôôô comme c'est mignon. Anathema raconté aux petits enfants. L'occasion de se dire que, finalement, depuis le temps où on avait dix ans, on n'a pas tellement changé.

Donc là normalement on est à genoux. Enfin si on n'est pas dans un bon jour, on peut encore résister. Faut y mettre un peu de mauvaise volonté quand même. Et là...

"Pulled under at 2000 metres a second" (le titre énervé), "A natural disaster" (un titre à chant féminin dans une veine inhabituelle ), "Flying" (et son final qui est ce qu'Anathema nous a proposé de plus agité depuis "A dying wish"). Purée c'est dingue. Ces titres sont, avec "Harmonium", la partie émergée de l'album, la partie la moins introspective/onirique, mais pourtant on vibre autant que dans les autres chansons. C'est simple et beau comme la vie quand on sait comment la prendre (et quand on a un peu de chance). Mention spéciale à "Flying" qui entrerait sans doute sans problème dans le top 10 du groupe.

Donc là normalement on est à genoux, ou alors c'est qu'on s'est endormi avant, ou qu'on n'a jamais aimé Anathema... et là...

"Electricity" et "Violence" sont tout simplement une des meilleures fins d'albums que j'ai entendues. "Electricity" est une petite chanson très simple, dans un album qui ne brille déjà pas par sa sophistication, et qui semble à la fois nous tirer d'un point à un autre et nous emmener vers un sommeil réparateur... un truc discret mais en même temps très fin et bien vu, un peu comme le titre "Machine man" sur le premier Linda Perry. (Vous l'ignorez sans doute mais cette comparaison est un immense compliment)

"Violence" nous achève alors. Il s'agit d'un titre entièrement instrumental de près de onze minutes, majoritairement très calme, pour ne pas dire d'une sérénité mortelle, avec son piano clairsemé. D'un autre côté le seul passage pas calme est vraiment très agité: un espèce d'accélération apocalyptique qui serait insupportable (fallait bien justifier le titre à un moment!) si elle n'était pas si belle au fond. "Violence" double l'impact de l'album. Notre imagination voyage. Pendant le passage apocalyptique, je repense aux émotions procurées par l'album Judgement, notamment le morceau titre, mais en accéléré. Le reste du temps, ce sont les autres titres de A natural disaster qui défilent en accéléré. Parfois, j'éprouve alors la sensation fugace d'être à la place du gars de la pochette du disque, c'est à dire littéralement seul au monde, perdu sur une barque perdue dans une flaque d'eau perdue au milieu de partout.

Cet album est un mystère. Pas de grand changement stylistique. Pas de puissance à la Judgement. Des compos dont la surface brille assez peu pour passer inaperçue à cinquante mètres. Rien de bien compliqué quoi. Et pourtant une profondeur jusque-là inédite chez un groupe dont on se demandait s'il pouvait aller encore plus loin que sur The silent enigma ou sur Judgement. Plus important, un parfum de nouveauté d'une fraicheur forcément inattendue après A fine day to exit. A part sur "Balance" et "Pulled under...", c'est un autre groupe que l'Anathema que nous connaissions que nous avons entendu. Un nouveau groupe. Nouveau comme celui qui avait sorti The crestfallen EP en des temps reculés, le seul autre disque d'Anathema qui me touche autant que celui-ci, le seul autre disque d'Anathema auquel je donne 6/6 sans hésiter. La boucle est bouclée!
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Message  Cardinal-Sin le Lun 3 Juil - 18:58

ça me fait penser qu'hier soir je m'écoutais un tribute à Venom, et y a un une reprise par les membres d'Anathema j'avais oublié les débuts metal du groupe, celà dit de ces débuts (avant eternity donc) je ne connais que Crestfallen et je trouve ça assez bof
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Message  jol le Lun 6 Nov - 0:18

Une belle chronique du Crestfallen EP:

http://www.darkmag.net/chroniques/589/anathema-the-crestfallen


Je la note car je n'aime en général pas du tout la façon dont ce disque (et le suivant) sont traités par les webzines. Mais cette chro-là me plait!

_________________
Ma plus récente chronique:
http://www.dernierechroniquedejol.net
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