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Message  Kaptendonc le Sam 5 Jan - 12:30

H E R M A N O
“... Into the Exam Room”

Suburban records 2007
Style: Stoner Hard Rock



Moulin à poivre. Hermano, c’est le retour des gros insectes de l’été, la lumière blanche, les rafales. C’est l’électricité dans la forêt, un désert qui s’avance le matin, on ne sait pas jusqu’où. Nectar multivitaminé, je me suis dit, tiens, pourquoi pas, et des appréhensions j’en avais: le troisième album d’un groupe comportant dans ses rangs un ex-Kyuss est toujours susceptible de soulever comme un doute, étant donné cette éternelle crainte de la redite, du ronron et du manque d’inspiration, ce qui caractérise la majeure partie de ceux qui survivent. Voyez-vous ça, il n’en est rien ici, au contraire: alors que les groupes Stoner de base mettent tout l’accent sur les riffs et leur pesanteur conséquente, ici on les oublie presque les riffs, tant l’atmosphère et le magnétisme de chaque morceau sautent droit au cerveau avec une insouciance aveuglante. Par exemple ces audacieuses alternances entre accoustique anorexique et distorsion high voltage, l’équilibre qui en résulte moitié violence moitié fragilité, avec ces réminiscences Kyussiennes tellement bien dosées qu’elles en deviennent des épices pour assaisonner des plats utra-raffinés dont on ignore tout de la recette. Amer et fort, jamais lourd ni gras. Si les bases rythmiques restent parfois plantées en territoire connu, il s’y greffe avec surprise des tas de petites ramifications hétéroclytes avec autant de sonorités seventies, psychédéliques, bluesy, gospel, grunge. Paradoxalement on remarquera aussi une forme d’épuration, à l’image de la pochette où le blanc semble ronger l’artwork de toutes parts pour n’en conserver que l’essentiel, quelques symboles à peine reconnaissables (une guitare Gibson, un disque vinyl, un drapeau américain, une aile de chauve-souris, un moufflon, une clé, une méduse...) et amalgamés à la manière des oeuvres Pop-Art de Robert Rauschenberg ou de Jasper Johns. On dirait alors que ce qu’Hermano garde continuellement en point de mire, c’est une ligne d’horizon haut perchée, hors de portée et toute vibrante de nuances des détails (ne serait-ce que ce petit clin d’oeil au fameux banjo du film “Delivrance” à la fin de “Kentucky”) que peu de groupes du même accabit auraient pu atteindre sans friser la maladresse (il faut quand même oser ramener ses gamins en studio pour leur faire entonner le refrain sur tout un morceau), et puis ne nions pas aussi le fait que ça groove, ça carbure, ça sent et l’essence et la route. La rage aussi (“Left Side Bleeding” le démontre à ceux qui auraient envie d’en rire). Maintenant si on aime la voix de John Garcia et la pédale wha-wha, il n’y a guère de risques de rater un bon moment. Bricolage à la maison, les gants, l’escabeau.
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Kaptendonc
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