Agathocles > Razor sharp daggers

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Message  jol le Sam 3 Nov - 0:51

Les vingt-cinq premières pistes de Razor Sharp Daggers ont été enregistrées pour ce LP. Leur homogénéité et leur qualité moyenne sont telles que le disque aurait pu s'arrêter là. Mais il y a pas moins de dix-neuf titres supplémentaires qui portent la durée totale à plus de soixante-quinze minutes. Les pistes vingt-six à trente-et-un proviennent initialement d'un disque vinyle sept pouces baptisé "Distrust and abuse" à l'esprit plus UG tu meurs et dont le son pue comme ce n'est pas permis (miam donc) Les pistes trente-deux à quarante-quatre proviennent de diverses sessions d'enregistrement (six en tout) mais restent dans la même veine, soit une sorte de punk metal sympa et bien agité.

Sur les vingt-cinq premières pistes, Agathocles est le cul entre deux chaises. Trop grind de base pour sembler essentiel mais trop créatif pour qu'on l'occulte. FETO a décidément fait des ravages. Ca a amusé des zillions de groupes à travers la planète, tous plus dispensables les uns que les autres, de blaster comme des ânes, d'enchaîner les riffs hardcore plombés, de beugler en rythme, de ralentir dix secondes par titre d'une minute trente pour faire croire à une forme de subtilité ou du moins de respect des tympans de l'auditeur, et de miser mille fois plus sur le charisme et l'attitude que sur la musicalité (ne parlons pas de mélodie non plus hein, faut pas déconner)
Ca a éclaté des zillions... zilliers de fans aussi. Je ne les comprendrai jamais, comme je comprends mal Agathocles quand il joue à ça sur quelques titres par-ci par-là, surtout vu ce qu'il sait faire par ailleurs. En effet, Agathocles arrive souvent à équilibrer son jeu de façon à ce qu'on puisse suivre les riffs de fou et les constructions qui font perdre la tête. On arrive à repérer différents temps dans les chansons et à déguster chaque petite surprise (mini solo qui défonce, ralentissement malsain, super refrain articulé au milieu d'un déferlement de fureur) Agathocles écrit des chansons, avec un début un milieu et une fin, avec différents types de voix et d'intonations qui servent un minimum leur message. Il y a même de véritables hits sur cette partie de Razor sharp daggers : "A start at least" (intro hyper marquante dans le genre "grooooooaaaaaaaar !"), "A for arrogance" qui me rappelle une chanson de L7 (?), "All gone" avec sa construction hors norme et son utilisation géniales de vocaux gutturaux ordinaires, les deux superbes titres lents et étouffants que sont "Lunatic" et "Fear not", et bien sûr le saignant et intelligent "Throwing away crap" qui a du faire crever de jalousie tous les grinders de la planète.

Ensuite c'est au tour des titres du EP "Distrust and abuse" de nous salir les oreilles, et là je trouve qu'on monte en intérêt même si je ne demande à personne de me suivre dans cette "analyse". Vous vous souvenez du "Mentally murdered" de Napalm death ? Le disque où ils ont découvert que le grind pouvait aussi être musical, tout en atteignant des sommets dans l'extrêmisme sonore. Hé bien si les titres de "Distrust and abuse" ne valent pas ceux de "Metally Murdered", ils font eux aussi preuve d'une certaine recherche sonore dans le gras et le dégueulasse. Sur "Sieg shit" on croirait être enfermé dans une pyramide d'Egypte au milieux des bactéries qui s'y sont développées depuis des siècles et des siècles tellement ça pue, même si le sujet de la chanson n'a évidemment rien à voir avec les préoccupations de Nile. Par ailleurs la progression de ce titre est très intéressante, tout est rampant et invisible, et puis ça pète de temps en temps pour s'évaporer aussitôt en laissant quand même un air bien souillé derrière soi... vraiment j'adore. Les autres titres jouissifs de cette partie sont "Get off your ass", hit rigolo-punk des plus réussis dont l'humour tranche au milieu de la poussière et de la merde des pistes voisines et "Distrust and abuse" dont le génie réside dans l'utilisation ultime du son crade puis dans l'arrivée d'un passage très accrocheur au moment où on s'attendrait plutôt à s'enfoncer définitivement dans la vase.

Les titres plus hardcore qui terminent Razor sharp daggers ne resteront eux sans doute pas dans toutes les têtes. Les plus réussis ont de chouettes refrains ou encore un ton punk fédérateur, entre hymne et déconne (par exemple "Here and now"), mais il s'agit tout de même juste de petites chansons charmantes sans plus. Cela dit les moins réussies ont le mérite de mieux passer que leurs plus mauvais titres grind.

Alors je sens qu'à la lecture de cette chronique, vous vous demandez si vous devez acheter Razor Sharp Daggers. La réponse est assez simple. Si vous achetez dix disques de grind par an, il vous le faut absolument. Il est même à peine concevable que vous ne l'ayez pas déjà. Razor Sharp Daggers n'est pas un album si exceptionnel qu'on le dit parfois, seulement quand on voit les merdes qui existent dans le genre grind, il peut clairement faire office d'exemple. En revanche si vous achetez un disque de grind tous les dix ans, prenez plutôt "Need to control" ou "Death by manipulation".

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