TED NUGENT

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TED NUGENT

Message  Kaptendonc le Dim 29 Avr - 0:09


TED NUGENT
“Free For All”

EPIC/Sony 1976 + 1999
Style: Hard Rock d’époque

C’est la saison des radis et des asperges, mais Ted Nugent lui, il préfère nettement le steak de grizzly saignant, et d’abord il tue la bête lui-même, à l’arc, puis la dépèce avec son boot-knife au fond d’un bois. Avant de devenir maître dans cette discipline et par ailleurs une détestable caricature ambulante de l’électorat de G. W. Bush (non aux drogues mais oui aux armes) le dénommé Nugent était tout de même un guitariste émérite qui a bien effrayé les populations à une époque où il n’y avait justement pas grand chose ni grand monde pour faire trembler le citoyen amerloque de base. Ni Slipknot ni Marilyn Manson à ce moment-là, et les Punks locaux n’avaient pas encore assez remachouillé leur premier mollard, tandis que du côté de Detroit, Michigan, qui avait déjà connu les fous-furieux Stooges et le non moins agités MC5, voilà qu’un chevelu-moustachu hyperactif à rebondissements pneumatiques (ex-Amboy Dukes) s’était mis à secouer à peu près tout l’environnement par les déflagrations de sa Gibson et ses rugissements velus qui sont d’ailleurs devenus légendaires à partir de l’album bien nommé “Cat Scratch Fever”. Peu de temps auparavant, et tout juste après un premier essai solo modestement intitulé “Ted Nugent”, notre homme avait sorti ce “Free For All” qui déchire grave ses bretelles. Contenant pas moins de trois vraies pièces maîtresses du Hard pré-métallique (“Dog Eat Dog”, “Street Rats” et “Hammerdown”) dont les riffs peuvent constituer à eux seuls une école, tout l’album vaut son pesant de galipettes de troupeaux de bisons en rut rien que par l’atmosphère quasi-bestiale qui s’y imprègne de partout, genre feulements de guitare ébranlant les canyons et grosse rythmique de casseurs de cailloux perfusés au Bourbon. La voix n’est pas la plus merdique non plus, on n’en découvre l’origine que losqu’on se penche réellement sur la sixième page du livret où il est écrit: Lyrics = Meat Loaf. Oui, le fameux chanteur obèse ex-baryton d’opéra qui a viré stadium-Rock et s’est mondialement illustré par un “Bat Out of Hell” devenu légendaire, avait préalablement joué se petit rôle non négligeable; il suffit d’écouter la ballade “Together” pour se rendre compte qu’on a affaire à un chanteur type émotionnel qui aurait pu mettre sur le cul Lucky Blondo, Pascal Danel et Leny Escudero d’un simple râclement de gorge. Plus sérieusement, ce qu’on entend surtout ici, ce sont les soli de guitare du chef Nugent, et si l’on possède la moindre trace de fibre musicale cachée aux tréfonds de sa végétation auriciulauire la plus intime, on remarquera dans un premier temps que ces soli sont longs mais pas le moins du monde ennuyeux, et que par ailleurs ils sonnent comme on n’a plus l’habitude d’en entendre actuellement, c’est-à-dire basiquement Rock’n’Roll avec une pointe de Blues, un soupçon de Jazz-Rock et un rien de fantaisie psychédélique bien marquée par l’esprit de liberté d’une époque révolue. Le bandana dans les cheveux de Ted Nugent semble symboliquement illustrer tout ça et on remarquera que par la suite il cessera d’arborer un tel élément vestimentaire proto-Hendrixien pour se concentrer davantage sur sa pilosité (rasage total ou décuplage de moustaches, poussage de longue barbe, glabreté intégrale et autres solutions...), avant de s’investir plutôt corps et âme dans des performances de type retour à la nature et décimation des espèces protégées. Il n’en demeure pas moins que cet album où la liberté d’expres​sion(“Free For All”) et la rage basique (Dog dog, dog eat dog...”) paraît constituer la ligne directrice ou du moins l’essence au fond du réservoir, n’a vraissemblablement eu aucun équivalent au moment de sa sortie, et tous les Aerosmith, Deep Purple, Urriah Heep, et autres Nazareth encore vivants à ce moment-là ont dû s’incliner face à un tel phénomène shooté au retour à l’âge de l’homme de Neanderthal, qui avait non seulement un faible pour les vestes à franges, mais encore un toucher de cordes aussi précis que sans pitié pour quelque chose comme l’harmonie. Les trois bonus-tracks présentant des versions Live de “Free for All”, “Dog Eat Dog” et “Street Rats”, semblent avoir été mises là pour donner un apperçu de la manière dont le père Nugent sait apostropher son public et faire sortir sans tergiverser tous les adeptes de la reniflette et même des pétards à 3 feuilles bien roulées. On notera quand même qu’au dos du CD, une petite ligne qu’on n’a presque oublié de lire spécifie que cette réissue a vu sa production assurée par... Bruce Dickinson. Qui ça ???
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